Sélectionner une page
Oud Royal – Armani / Privé

Oud Royal – Armani / Privé

L’une des premières collection privée à m’avoir été présentée en dehors de Tom Ford Private Blend fut Armani Privé. Je rêvais devant les magnifiques bouteilles et surtout superbes bouchons qui la rende esthétiquement si singulière. 
Au final, sur la durée, rien ne m’a réellement emballé. Bien que j’ai pu porter un temps Rose d’Arabie et Bois d’Encens, je n’ai pu aimer que les noms de certaines fragrances sans en apprécier les jus. Tels Pierre de Lune, Myrrhe Impériale ou Cuir Améthyste. Ceci dit, je ne juge pas ici la qualité de cette belle collection, ce qui serait d’ailleurs bien présomptueux de ma part. Ça n’est juste pas mon type de parfum. 
Dans mon voyage je découvre que mon fils porte Oud Royal, parfum bien aimé d’un ami qui m’est cher. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a offert, avec un certain M7 d’Yves Saint Laurent. L’occasion pour moi de le tester sur peau, le temps d’un après-midi. 

La tête ultra boisée donne le ton. On sent le Oud riche même s’il est bien loin des vrais Ouds d’orient tel que pourrait l’être The Night de Frédéric Malle. 
Ce qui me dérange dans ce parfum c’est son côté épicé. Cet ensemble d’encens mêlé de safran me gène. J’aime pourtant les encens, j’aime pourtant le safran. C’est avec un équilibre parfaitement établi que le tout perdurera sans en changer. Cette recette ne prend pas chez moi. 
Je ne déteste pas du tout bien sûr. Je respecte même. Mais je le laisse aux autres.  

1270 – Frapin & Cie

1270 – Frapin & Cie

C’est à force de parcourir les œuvres parfumées de cette noble industrie que l’on fini par saisir ses notes préférées. 1270 de Frapin & Cie m’aura aidé en cela. 
Son attaque fruitée confite est, pour moi, conduite par un Ananas doux légèrement poussé par un duo Raisin / Orange. Rien n’est acide tout est chaud et sucré, mais rien d’hyperglycémique. Un sirop délicat qui dépeint l’épique marque de boissons alcoolisées qu’est la Maison Frapin. 

Cet Ananas me plait vraiment et me touche, certes moins violemment que 1804 d’Histoires de Parfums, mais emballe mon cœur pour le caresser des heures durant. 


Cet un Opus généreux et chaud écrit par Sidonie Lancesseur qui me berce en pleine journée. Dans la chaleur lourde de l’Égypte – où je me trouve actuellement – il trouve une place dans l’atmosphère, comme une aura et se faufile dans les brises venues du désert pour former un sillage mielleux et alcoolisé. 

La petite note noisettée vient me piquer de temps à autre et tend à me rappeler mon amour pour Angel Muse. Une touche de cacao faites pour me séduire aura raison de moi si toutefois je souhaitais me refuser.  J’ai parfois l’impression d’y trouver une note de tabac mais cela me vient peut-être de son fond boisé. 

J’aime ce parfum. Il n’est pas un grand parfum mais il est beau et chaleureux. 

(Encore merci à Musque-Moi ;))

Cette quête…

Cette quête…

Wish lists ou Top lists, voici bien le cauchemar incarné de tout passionné. Comment définir le degré d’amour que l’on peut porter à un parfum sans lui donner une valeur sentimentale plus élevée qu’à un autre ?

J’essaie. Pourquoi ? Je ne sais pas, par simple passion je suppose. Cela me permet de pousser l’exploration plus loin, m’aventurer en des terres qui me sont inconnues, des terres si vastes, des horizons si lointains.

Le parfum est volatil, en mouvement constant, de sa pulvérisation il mutera de note en note pendant des heures. Son marché, son industrie et ses marques sont à son image. Tenter de s’en saisir est donc impossible. Comme en quête du Graal, je marche sans relâche à travers les rayons et stands des grands magasins. Chaque enseigne attire ma curiosité mais puis-je vraiment trouver ce que je cherche ? Et puis qu’est-ce que je cherche finalement ? Ce parfum parfait qui correspondrait à ma personnalité, ma peau, mes affinités, mes attentes… existe-t-il ?

Toutes ces créations plus belles les unes que les autres ne font que me désorienter. Je prend finalement plaisir à me perdre dans ce labyrinth olfactif, transporté par les effluves et packagings luxueux.

Établir ces listes ne m’apporte que plaisir, même si elles sont maladroitement évaluées, je me plais à entrer dans le sillage de la fragrance et décortiquer les notes, analyser le séisme provoqué dans mes meninges. C’est finalement une sorte d’échelle de Richter qui est mise sur papier. En adéquation avec mes sensations, en parfait équilibre entre mes connaissances et mon ignorance. J’essaie parfois de transcrire à l’écrit mes impressions, tentative souvent vaine.

Mon système de classement évolue, se transforme, change lui aussi, tel un jus pulvérisé dans l’air. Il n’est qu’une pulsation de mon rythme cardiaque.

B. comme Amour

B. comme Amour

Voici une fragrance qui m’aura donc bouleversé, transporté en enfance par cette impression de retrouver le « tea time » de ma grand-mère maternelle. Chacun voyage vers divers souvenirs et sensations personnels dans les odeurs, le parfum en est le vecteur n°1.

Pas de thé ici, pur fantasme nourri de mon passé, mais du vert noble, une promenade dans la verdure. Sa douce attaque fruitée, presque « pêche », a pris mon cœur d’emblée, poussée par une feuille de violette qui me poursuivra sur peau jusqu’au lendemain. Une note de cèdre caresse le fond et encadre un muguet délicat, je suis conquis.

B. Balenciaga

Venu à contre courant pour pourfendre les sucres en sprays de l’industrie, B. Balenciaga fait office de bouteille à oxygène dans les rues et les transports en commun, finesse et fraicheur dans ce monde intoxiqué de brutes épaisses.

La recette, signée Domitille Berthier pour l’IFF, m’est hypnotique et fait plaisir à sentir jour et nuit. Même s’il est un parfum qui s’appréciera plus par beau temps, je le classe immédiatement dans mon « top doudous », peu importe l’heure et la grisaille parisienne j’ai sur moi un rayon de soleil.

Provence de mon enfance…

Provence de mon enfance…

Je me doute bien que personne ne voit de lien très clair entre B. Balenciaga et Encre Noire de Lalique. Pourtant, et c’est là toute la force des odeurs, ces parfums m’ont transporté tous deux en enfance.

Encre-Noire-Lalique-Parfum

J’ai découvert Encre Noire à l’aéroport d’Hurghada en Égypte. J’étais fasciné par le nom et le flacon en fait. À peine arrivé en zone duty free je me suis précipité pour le sentir. Tout juste convaincu qu’il n’était pas mauvais je l’achetais puis prenais l’avion. Les cinq heures de vol m’ont servi à coller mon nez sur mon poignet et découvrir cette fragrance si unique. Un boisé vert étonnant où le Cyprès et le Vétiver s’entrecroisent à merveille, un parfum sombre qui m’irait finalement à la perfection, sans que je n’ai compris pour autant pourquoi réellement je l’aimais.

B-Balenciaga-Parfum

C’est cet été, lors d’un magnifique jour de pluie typiquement parisien que je me poussais dans le Sephora du boulevard Haussmann. Je suivais le rayon dans cet ordre alphabétique décroissant aussi inintéressant que ces « articles » (je prend toujours ce magasin à contre sens, ne me demandez pas pourquoi), jusqu’à enfin tomber sur le fameux B. de Balenciaga. Le rayon Chanel m’avait remonté suffisamment le moral pour me faire tenir jusqu’en tête de magasin, prêt de l’entrée, collé au vigile et au mini stand promotionnel de La vie est belle intense (je sais, je sais… du glucose intense, ils l’ont fait… ).

Le choc émotionnel fut de taille, frappé en plein cœur, du plus profond de mes racines. J’ai cru sentir la tasse de thé earl grey au lait de ma très chère grand-mère assise dans son jardin de provence à 17h (le fameux Tea Time), installée à l’ombre sous le vieux mûrier, caressée par la brise d’été, trempant son petit biscuit à la cannelle. Ce parfum, qui est en soit une réelle réussite et qui m’a redonné espoir en la parfumerie conventionnelle, m’a touché aux tréfonds de mon âme !

Puis, je me mets à saisir. Voilà cet Encre Noire qui me revient : la brise traversant la haie de cyprès nous séparant de la propriété des David (ces voisins si détestés de Mummy (ma grand-mère) et ma Tante de par leur status de chasseurs) ! L’enfance refait surface de la plus belle manière, en véritable madeleine de Proust, à m’en ravir.