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Wish lists ou Top lists, voici bien le cauchemar incarné de tout passionné. Comment définir le degré d’amour que l’on peut porter à un parfum sans lui donner une valeur sentimentale plus élevée qu’à un autre ?

J’essaie. Pourquoi ? Je ne sais pas, par simple passion je suppose. Cela me permet de pousser l’exploration plus loin, m’aventurer en des terres qui me sont inconnues, des terres si vastes, des horizons si lointains.

Le parfum est volatil, en mouvement constant, de sa pulvérisation il mutera de note en note pendant des heures. Son marché, son industrie et ses marques sont à son image. Tenter de s’en saisir est donc impossible. Comme en quête du Graal, je marche sans relâche à travers les rayons et stands des grands magasins. Chaque enseigne attire ma curiosité mais puis-je vraiment trouver ce que je cherche ? Et puis qu’est-ce que je cherche finalement ? Ce parfum parfait qui correspondrait à ma personnalité, ma peau, mes affinités, mes attentes… existe-t-il ?

Toutes ces créations plus belles les unes que les autres ne font que me désorienter. Je prend finalement plaisir à me perdre dans ce labyrinth olfactif, transporté par les effluves et packagings luxueux.

Établir ces listes ne m’apporte que plaisir, même si elles sont maladroitement évaluées, je me plais à entrer dans le sillage de la fragrance et décortiquer les notes, analyser le séisme provoqué dans mes meninges. C’est finalement une sorte d’échelle de Richter qui est mise sur papier. En adéquation avec mes sensations, en parfait équilibre entre mes connaissances et mon ignorance. J’essaie parfois de transcrire à l’écrit mes impressions, tentative souvent vaine.

Mon système de classement évolue, se transforme, change lui aussi, tel un jus pulvérisé dans l’air. Il n’est qu’une pulsation de mon rythme cardiaque.