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J’ai senti L’Envol de Cartier et Galop d’Hermès coup sur coup. Ne retenant que la singularité olfactive de Galop et la beauté du flacon de l’Envol. Sans doute alors dépassé par les découvertes du moment, j’ai oublié ces parfums, au point donc de finir par les confondre dans ma mémoire.

C’est ce 22 février lors d’une escale à Zurich que j’ai pu prendre mon temps dans le large Duty Free de l’aéroport. Avec 13h d’attente à tuer entre mes deux vols j’avais largement le temps de m’y consacrer. D’instinct, je me suis dirigé vers le rayon Cartier et m’offrais une ligne (dans le sens narcotique du terme) gratuite de la Panthère. Puis, frappé par l’éclair, je demandais à la charmante vendeuse si je pouvais sentir l’Envol ? Son regard vide m’en dit alors long sur sa connaissance des références de la maison Cartier (et du reste de la boutique)…

-« Baiser Volé you mean ? » me retorqua-t-elle en scrutant les 1,10m de large du rayon de la marque.

-« non, l’Envol ! Ben tiens it’s this one ! » lui répondis-je en lui pointant du doigt l’opus en question.

-« Oh yeah it’s so beautiful ! »

-(ouais c’est ça t’as raison…)

Je me vaporisais alors le poignet puis disparu aussitôt le plus loin possible dans l’horizon, me posant sur une des (f*cking) chaises dédiées au confort et la joie de mon transit.

On l’a critiqué comme étant un masculin « cliché ». Mais que voulez-vous ? Les codes de la parfumerie changent lentement et les gens achètent ce qu’on leur propose tant que ça s’inscrit dans la tendance. Faute à la mode.

Oui c’est une lavande loin de la révolution, mais voilà, c’est comme ça que je l’aime ! Son côté blockbuster mainstream des années 1990 me plait. Je le trouve chic, pas excessif, prompt à la routine. L’évolution est jolie et son côté violette ne me gêne pas (je déteste -généralement- la violette). Son sillage est élégant et sa tenue adéquat. Que demande le peuple ? L’envol n’est pas une acrobatie aérienne, certes. Mais il parfume joliement, il fait le taf.

Coudfoudré, je l’achetais après quelques heures de réflexion olfactive, le soumettant à l’altitude pour éprouver aussi le choix du nom, même si la concordance et la logique de son discour, je m’en balance un peu je l’avoue. C’est sous le ciel bleu du Caire que nous faisons désormais plus ample connaissance.