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M7 Oud Absolu – Yves Saint Laurent

M7 Oud Absolu – Yves Saint Laurent

M7, pour un novice de ma trempe, est la preuve qu’il faut revenir à certains parfums de temps en temps. À force de progression nos jugements peuvent changer. 

M7 Oud Absolu, que je détestais sincèrement il y a un an et demi, m’est beaucoup plus agréable à ce jour. Il faut dire qu’il y a peu je ne supportais pas le Patchouli et qu’après l’arrivée de Monsieur. de Frédéric Malle j’aime beaucoup ! Je m’envoie des « nasales » de Patchouli de Reminiscence et autre Patchouli Absolu de Tom Ford. 


Ici je trouve d’entrée la mandarine suivi de prêt par un Patchouli qui se développera lentement, comme toujours, des heures durant. La composition n’a rien de bien sorcier, peu de notes apparentes (pour un novice, je le rappelle) le tout soutenant ce duo d’attaque. Le fameux Oud n’est finalement qu’une brindille. Les occidentaux aimant le bois en tant que note discrète, il n’a d’absolu que le nom. Je ne cesserai de renvoyer, pour servir de baromètre, à The Night de Frédéric Malle, pour comprendre ce qu’est un « vrai » Oud. 

Le parfum est doux, agréable et me surprend donc par sa complaisance et son accessibilité, ce qui d’ailleurs correspond en tous points aux créations récentes d’Yves Saint Laurent, sans guère de prise de risque. Après ainsi une longue période d’appréhension je le porterai bien volontier. 

Alien, dix ans de mystère

Alien, dix ans de mystère

Alien est mon parfum n°3 sur la frise chronologique de mon existence. Après avoir été emporté par XS de Paco Rabanne et Angel de Thierry Mugler (en ne comptant pas les fragrances de mon enfance), mon cœur s’est effondré le jour où j’ai senti cet opus pour la première fois.

 

Aficionado de la Maison Mugler par la cause d’Angel, dont je ne me passais plus, je n’oublierai pas le jour de cette rencontre du 3ème type. Cet extra-terrestre ne devait d’ailleurs pas être très loin de son astronef puisque c’est à l’aéroport que je nous nous sommes croisés. À l’occasion de sa sortie officielle les magasins de duty free avaient déployé les moyens les plus convaincant pour nous attirer. Efforts couronnés de succès, j’ai succombé.

 

Conquis d’avance, en proie facile, je me précipitais donc pour vaporiser un petit testeur. C’est féminin, et alors ? Alien allait à ce moment devenir mon parfum pour de longues années.

 

Il y a des fragrances qui portent si bien leur nom ! L’objet est mystérieux, le concept parfaitement maitrisé, du packaging à la police d’écriture. Quant à ce qu’il renferme… une réalisation qui nous fait comprendre à quel point il est important de reconnaitre la parfumerie comme un Art à part entière !

 

Donc rendons à Dominique Ropion et Laurent Bruyère ce qu’on leur doit d’hommage pour ce travail superbe, cette œuvre unique. La douceur du résultat en ajoute au mystère.

 

Alien est le seul parfum (à ma connaissance) qui m’a fait aimé le jasmin. Certes ça n’est pas n’importe quel jasmin j’en conviens. L’attaque de ce Jasmin Indien est forte et immédiate mais sa douceur essentielle apaise toute gène. L’évolution est juste parfaite, les notes musquées de bois de Cachemire (devrais-je dire Cashmeran) viennent porter parfaitement toute la grandeur florale de cette essence. Alien n’a rien de complexe, la formule est simple et tout est d’une pureté renversante, rien de frotte, pas de poudreux ou de facettes inutiles.

 

Le fond ambré accompagne notre peau suivant sa nature, donnant chaleur à la recette et caractère au final.

 

Il m’aura fallu attendre huit ans pour subir un nouveau choc olfactif de cette ampleur, assis dans une Toyota à Bamako lorsque j’ai découvert Noir de Noir de Tom Ford. Alien n’est pas qu’un extra-terrestre c’est une légende.