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Mon numéro 10 – L’Artisan Parfumeur

Mon numéro 10 – L’Artisan Parfumeur

Ce petit échantillon de l’Artisan Parfumeur qui m’est parvenu s’est vu m’enchanter aujourd’hui. Il représente tout à fait le type de fragrance que je qualifie de « commerciale » qui me plait. Même si celle-ci est très différente dans sa construction, son thème général n’est pas sans me rappeler le 34 boulevard Saint Germain de Diptyque. 

Douceur et raffinement, épicé de poivre et enfumé d’un léger encens. Lorsqu’on est diabétique comme moi on a tendance à être attiré par les belles sucreries et cette ambiance de pommes cuites qui nous est si chère. Donc, forcement, ce couple Cannelle / Pistache, les fonds de Tonka, me touchent droit au cœur. 

Ça serait bien sûr très réducteur de réduire Mon numéro 10 à un simple parfum gourmand. La rose rafraîchi le tout et l’encens persiste en embrassant la note poivrée. Le fond est boisé, profond, chaud. 

Je signe. 

À ceux qui n’aiment pas et trouvent cette signature trop « crossover », je vous comprend. Mais moi j’aime (beaucoup) et je trouve ça beau malgré tout. 

Provence de mon enfance…

Provence de mon enfance…

Je me doute bien que personne ne voit de lien très clair entre B. Balenciaga et Encre Noire de Lalique. Pourtant, et c’est là toute la force des odeurs, ces parfums m’ont transporté tous deux en enfance.

Encre-Noire-Lalique-Parfum

J’ai découvert Encre Noire à l’aéroport d’Hurghada en Égypte. J’étais fasciné par le nom et le flacon en fait. À peine arrivé en zone duty free je me suis précipité pour le sentir. Tout juste convaincu qu’il n’était pas mauvais je l’achetais puis prenais l’avion. Les cinq heures de vol m’ont servi à coller mon nez sur mon poignet et découvrir cette fragrance si unique. Un boisé vert étonnant où le Cyprès et le Vétiver s’entrecroisent à merveille, un parfum sombre qui m’irait finalement à la perfection, sans que je n’ai compris pour autant pourquoi réellement je l’aimais.

B-Balenciaga-Parfum

C’est cet été, lors d’un magnifique jour de pluie typiquement parisien que je me poussais dans le Sephora du boulevard Haussmann. Je suivais le rayon dans cet ordre alphabétique décroissant aussi inintéressant que ces « articles » (je prend toujours ce magasin à contre sens, ne me demandez pas pourquoi), jusqu’à enfin tomber sur le fameux B. de Balenciaga. Le rayon Chanel m’avait remonté suffisamment le moral pour me faire tenir jusqu’en tête de magasin, prêt de l’entrée, collé au vigile et au mini stand promotionnel de La vie est belle intense (je sais, je sais… du glucose intense, ils l’ont fait… ).

Le choc émotionnel fut de taille, frappé en plein cœur, du plus profond de mes racines. J’ai cru sentir la tasse de thé earl grey au lait de ma très chère grand-mère assise dans son jardin de provence à 17h (le fameux Tea Time), installée à l’ombre sous le vieux mûrier, caressée par la brise d’été, trempant son petit biscuit à la cannelle. Ce parfum, qui est en soit une réelle réussite et qui m’a redonné espoir en la parfumerie conventionnelle, m’a touché aux tréfonds de mon âme !

Puis, je me mets à saisir. Voilà cet Encre Noire qui me revient : la brise traversant la haie de cyprès nous séparant de la propriété des David (ces voisins si détestés de Mummy (ma grand-mère) et ma Tante de par leur status de chasseurs) ! L’enfance refait surface de la plus belle manière, en véritable madeleine de Proust, à m’en ravir.