Sélectionner une page
Provence de mon enfance…

Provence de mon enfance…

Je me doute bien que personne ne voit de lien très clair entre B. Balenciaga et Encre Noire de Lalique. Pourtant, et c’est là toute la force des odeurs, ces parfums m’ont transporté tous deux en enfance.

Encre-Noire-Lalique-Parfum

J’ai découvert Encre Noire à l’aéroport d’Hurghada en Égypte. J’étais fasciné par le nom et le flacon en fait. À peine arrivé en zone duty free je me suis précipité pour le sentir. Tout juste convaincu qu’il n’était pas mauvais je l’achetais puis prenais l’avion. Les cinq heures de vol m’ont servi à coller mon nez sur mon poignet et découvrir cette fragrance si unique. Un boisé vert étonnant où le Cyprès et le Vétiver s’entrecroisent à merveille, un parfum sombre qui m’irait finalement à la perfection, sans que je n’ai compris pour autant pourquoi réellement je l’aimais.

B-Balenciaga-Parfum

C’est cet été, lors d’un magnifique jour de pluie typiquement parisien que je me poussais dans le Sephora du boulevard Haussmann. Je suivais le rayon dans cet ordre alphabétique décroissant aussi inintéressant que ces « articles » (je prend toujours ce magasin à contre sens, ne me demandez pas pourquoi), jusqu’à enfin tomber sur le fameux B. de Balenciaga. Le rayon Chanel m’avait remonté suffisamment le moral pour me faire tenir jusqu’en tête de magasin, prêt de l’entrée, collé au vigile et au mini stand promotionnel de La vie est belle intense (je sais, je sais… du glucose intense, ils l’ont fait… ).

Le choc émotionnel fut de taille, frappé en plein cœur, du plus profond de mes racines. J’ai cru sentir la tasse de thé earl grey au lait de ma très chère grand-mère assise dans son jardin de provence à 17h (le fameux Tea Time), installée à l’ombre sous le vieux mûrier, caressée par la brise d’été, trempant son petit biscuit à la cannelle. Ce parfum, qui est en soit une réelle réussite et qui m’a redonné espoir en la parfumerie conventionnelle, m’a touché aux tréfonds de mon âme !

Puis, je me mets à saisir. Voilà cet Encre Noire qui me revient : la brise traversant la haie de cyprès nous séparant de la propriété des David (ces voisins si détestés de Mummy (ma grand-mère) et ma Tante de par leur status de chasseurs) ! L’enfance refait surface de la plus belle manière, en véritable madeleine de Proust, à m’en ravir.

Le Jardin de Monsieur Li

Le Jardin de Monsieur Li

« Déjà-vu » diront certains, « Simplet » diront d’autres ! Pourtant j’ai été frappé au cœur dès mes premières inspirations.

C’est en passant aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, que j’ai souhaité faire un tour au stand Hermès, découvrir enfin ce fameux jardin qui fait tant parler de lui dans la parfumosphère (sous coup de pression commerciale, certes). Malgré mon amour pour certains parfums complexes, j’ai toujours en moi ce désir de trouver mon petit « chemin d’été », cette petite promenade sous le soleil pour me changer les idées. C’est cette démarche qui m’a récemment poussé au rayon Clinique du Bon Marché pour humer Aromatics In White. Je fût certes emballé aux premiers abords, puis mon visage s’est assombri après quelque temps, déçu par le moche final, vieillot, sur ma peau du moins, de ce qui me donnait tant d’espoir.

C’est donc avec joie que j’écris ces quelques lignes. Cette même joie qui me prenait alors que je me faufilais dans les couloirs du métro parisien, le nez collé à mon poignet, euphorisé par ma délicieuse découverte !

Premièrement, marquant son appartenance à la collection des « jardins », le flacon : sublime. Grâce et transparence reflétant son contenu à la perfection. La simplicité de la forme couronnée par un joli bouchon tout autant translucide rend cette bouteille unique. Puis viennent les choses sérieuses. Monsieur Hermès (le vendeur) m’imprègne une petite carte personnalisée du dernier nectar de la maison. Je laisse s’évaporer légèrement les effluves d’alcool, puis porte l’œuvre à mes narines.

Tout s’arrête.

Je marche nu-pieds sur une herbe encore légèrement humide, s’affranchissant à peine de la rosée du matin, illuminé par les premiers rayons de soleil d’une journée d’été. Je suis transporté dans la Chine des rêves. Caressé par une brise ayant traversé les Kumquats et les fleurs de Jasmins alentours. Je me délecte de la légèreté de cet instant, les yeux fermés, jusqu’à être rejoint par quelques notes d’une menthe timide, venue uniquement pour accompagner, marchant derrière sans mot dire. Je m’adosse à l’un de ces Rutaceae en me laissant porter par le chant du ruisseau.

Je marche donc enfin dans ce jardin ! Rien d’incroyable, pas de notes mystérieuses pour m’envouter, pas de secret, une chimie simple mais si parfaite qu’elle m’a pris sans m’en laisser le choix, ni même le doute d’ailleurs. À ceux qui se plaignent de la simplicité de cet opus, voici donc ma réponse. Guère de notes endiablées, peu d’ingrédients, mais l’équilibre parfait de ces jours aux températures idéales. Mon seul souvenir amer aura été de me réveiller aux Galeries, avec pour seule Chine à proximité ces touristes asiatiques fashionisés s’agglutinant aux portes de Louis Vuitton et Chanel.

Jean-Claude Ellena réalise ici une oeuvre grandiose et pourtant loin des tapages actuels, ces fragrances saturées de l’industrie. Jouant de quelques notes avec ce talent qui est siens, accordant ensemble les éléments vers une mesure et une quiétude déconcertantes.

Eau Sauvage

Eau Sauvage

Mon premier contact avec la parfumerie remonte à mon enfance. Ma tante et ma grand-mère étaient folles de Chanel. Les salles de bains étaient jonchées de décanteurs de N°5, Coco Chanel, N°19 et autres dizaines d’échantillons de toutes marques. Mais de mes souvenirs rien ne m’avait plus marqué que ce que portait mon père.
(suite…)