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Asian Green Tea de Creed

Asian Green Tea de Creed

Avec la percée du soleil dans les rues parisiennes il est naturel de se chercher une petite fragrance bien « fraiche » pour accompagner notre bonne humeur. C’est en passant au Printemps que je me suis rappelé d’aller (enfin) humer Asian Green Tea, création 2014 de Creed qui m’a échappé, comme bien d’autres d’ailleurs.

Voici un parfum qui a maintenu mon attention, et ce malgré avoir pollué mes narines dans plusieurs rayons du magasin. Un peu à l’image du Jardin de Monsieur Li, c’est un opus de je classe dans les « What you see is what you get ». Pas de surprise ou d’embuscade olfactive, tout est là dès la première pulvérisation. La Bergamote et Néroli se glissent à l’immédiat, les agrumes, Mandarine et Citron, leurs emboîtent le pas.

Pas de répit réel après l’attaque, si ce n’est que l’adoucissement de l’arôme révèle un brin ce Thé Vert tant attendu. Rose et Violette se marient à merveille au cœur de l’élixir, sans déranger pour autant, moi qui déteste la violette !

Les agrumes nous embaument tout au long de la tenue, sans nous quitter, jusqu’au bout. Et malheureusement s’il y a bien un bémol c’est lui là : Une tenue plus que moyenne et un sillage trop discret ! Ceci étant, qu’attend t-on d’un petit Thé Vert Asiatique ? Son nom parle de lui-même, rafraichissement et légèreté nous ont bel et bien charmés. À ceux ainsi qui se plaindraient de son manque de caractère je répondrai donc : « Mais à quoi donc vous attendiez-vous » ?

Creed signe ici un jus doux et frais, dont la simplicité suffit à nous séduire. Sans surprise aucune, même dans son fond de Musc et Santal ambrés, trop subtils pour déranger notre vacation estivale.

Le Jardin de Monsieur Li

Le Jardin de Monsieur Li

« Déjà-vu » diront certains, « Simplet » diront d’autres ! Pourtant j’ai été frappé au cœur dès mes premières inspirations.

C’est en passant aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, que j’ai souhaité faire un tour au stand Hermès, découvrir enfin ce fameux jardin qui fait tant parler de lui dans la parfumosphère (sous coup de pression commerciale, certes). Malgré mon amour pour certains parfums complexes, j’ai toujours en moi ce désir de trouver mon petit « chemin d’été », cette petite promenade sous le soleil pour me changer les idées. C’est cette démarche qui m’a récemment poussé au rayon Clinique du Bon Marché pour humer Aromatics In White. Je fût certes emballé aux premiers abords, puis mon visage s’est assombri après quelque temps, déçu par le moche final, vieillot, sur ma peau du moins, de ce qui me donnait tant d’espoir.

C’est donc avec joie que j’écris ces quelques lignes. Cette même joie qui me prenait alors que je me faufilais dans les couloirs du métro parisien, le nez collé à mon poignet, euphorisé par ma délicieuse découverte !

Premièrement, marquant son appartenance à la collection des « jardins », le flacon : sublime. Grâce et transparence reflétant son contenu à la perfection. La simplicité de la forme couronnée par un joli bouchon tout autant translucide rend cette bouteille unique. Puis viennent les choses sérieuses. Monsieur Hermès (le vendeur) m’imprègne une petite carte personnalisée du dernier nectar de la maison. Je laisse s’évaporer légèrement les effluves d’alcool, puis porte l’œuvre à mes narines.

Tout s’arrête.

Je marche nu-pieds sur une herbe encore légèrement humide, s’affranchissant à peine de la rosée du matin, illuminé par les premiers rayons de soleil d’une journée d’été. Je suis transporté dans la Chine des rêves. Caressé par une brise ayant traversé les Kumquats et les fleurs de Jasmins alentours. Je me délecte de la légèreté de cet instant, les yeux fermés, jusqu’à être rejoint par quelques notes d’une menthe timide, venue uniquement pour accompagner, marchant derrière sans mot dire. Je m’adosse à l’un de ces Rutaceae en me laissant porter par le chant du ruisseau.

Je marche donc enfin dans ce jardin ! Rien d’incroyable, pas de notes mystérieuses pour m’envouter, pas de secret, une chimie simple mais si parfaite qu’elle m’a pris sans m’en laisser le choix, ni même le doute d’ailleurs. À ceux qui se plaignent de la simplicité de cet opus, voici donc ma réponse. Guère de notes endiablées, peu d’ingrédients, mais l’équilibre parfait de ces jours aux températures idéales. Mon seul souvenir amer aura été de me réveiller aux Galeries, avec pour seule Chine à proximité ces touristes asiatiques fashionisés s’agglutinant aux portes de Louis Vuitton et Chanel.

Jean-Claude Ellena réalise ici une oeuvre grandiose et pourtant loin des tapages actuels, ces fragrances saturées de l’industrie. Jouant de quelques notes avec ce talent qui est siens, accordant ensemble les éléments vers une mesure et une quiétude déconcertantes.

Wish List…

Wish List…

Mon top actuel ne peut pas vraiment être numéroté. D’abord je pense qu’un parfum ne peut pas être classé réellement, encore moins les travaux titanesques des parfumeurs qui sont derrière ces œuvres d’art. Même si mes préférences se dissimulent dans l’ordre de ce jet de noms, j’affirme mon impuissance concrète à pouvoir établir un ordre stable. La règle étant simple et immuable : les sentiments et sensations sont volatils et changent à chaque seconde selon leur contexte et histoire. Il est des parfums qu’on aime pour l’incroyable jeu de notes et le travail qui les ont fait naître et il y a ces fragrances simplistes qui frappent nos cœurs et nos émotions sans complexe. Je me rend. (suite…)