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Alien, dix ans de mystère

Alien, dix ans de mystère

Alien est mon parfum n°3 sur la frise chronologique de mon existence. Après avoir été emporté par XS de Paco Rabanne et Angel de Thierry Mugler (en ne comptant pas les fragrances de mon enfance), mon cœur s’est effondré le jour où j’ai senti cet opus pour la première fois.

 

Aficionado de la Maison Mugler par la cause d’Angel, dont je ne me passais plus, je n’oublierai pas le jour de cette rencontre du 3ème type. Cet extra-terrestre ne devait d’ailleurs pas être très loin de son astronef puisque c’est à l’aéroport que je nous nous sommes croisés. À l’occasion de sa sortie officielle les magasins de duty free avaient déployé les moyens les plus convaincant pour nous attirer. Efforts couronnés de succès, j’ai succombé.

 

Conquis d’avance, en proie facile, je me précipitais donc pour vaporiser un petit testeur. C’est féminin, et alors ? Alien allait à ce moment devenir mon parfum pour de longues années.

 

Il y a des fragrances qui portent si bien leur nom ! L’objet est mystérieux, le concept parfaitement maitrisé, du packaging à la police d’écriture. Quant à ce qu’il renferme… une réalisation qui nous fait comprendre à quel point il est important de reconnaitre la parfumerie comme un Art à part entière !

 

Donc rendons à Dominique Ropion et Laurent Bruyère ce qu’on leur doit d’hommage pour ce travail superbe, cette œuvre unique. La douceur du résultat en ajoute au mystère.

 

Alien est le seul parfum (à ma connaissance) qui m’a fait aimé le jasmin. Certes ça n’est pas n’importe quel jasmin j’en conviens. L’attaque de ce Jasmin Indien est forte et immédiate mais sa douceur essentielle apaise toute gène. L’évolution est juste parfaite, les notes musquées de bois de Cachemire (devrais-je dire Cashmeran) viennent porter parfaitement toute la grandeur florale de cette essence. Alien n’a rien de complexe, la formule est simple et tout est d’une pureté renversante, rien de frotte, pas de poudreux ou de facettes inutiles.

 

Le fond ambré accompagne notre peau suivant sa nature, donnant chaleur à la recette et caractère au final.

 

Il m’aura fallu attendre huit ans pour subir un nouveau choc olfactif de cette ampleur, assis dans une Toyota à Bamako lorsque j’ai découvert Noir de Noir de Tom Ford. Alien n’est pas qu’un extra-terrestre c’est une légende.

 

Ce « Tobacco Oud » !

Ce « Tobacco Oud » !

À chacun de mes -nombreux- passages chez Tom Ford aux Galeries Lafayette, je m’assieds confortablement devant la collection Private Blend et je prend mon temps, je flâne, d’un plaisir sincère à snifer ce que j’ai déjà snifer cent fois. Je n’ai plus la joie et l’honneur de discuter avec Salima, désormais chez MAC, mais Loïc reste un interlocuteur riche d’une grande culture et d’une passion pour le parfum qui donne plaisir à observer.

 

Ma Wish List vomit de références tomfordiennes c’est vrai, mais je n’ai pourtant rien à aimer chez ce personnage qui ne m’inspire rien de bien reluisant. Mon problème est que j’aime beaucoup de ses parfums. Soyons donc sincères et aimons ce qu’on aime. 

 

Tuscan Leather, Noir de Noir, White Suede sont des fragrances qui m’ont tellement envoûtées que je n’arrive pas encore à trouver les mots pour décrire ce que je ressens. Je parlerai donc de ce dont je peux parler (pour le moment).

 

Tobacco-Oud-BringThaNose

 

Ce parfum m’a attiré d’emblée, dès mes premières découvertes chez Tom. Passé par Tobacco Vanille, mais pas si convaincu que ça, torturé par un sentiment d’insatisfaction et une attirance déçue vers le côté tabac de cet opus, mes yeux, dans le stand, ont été happés par ce nom puissant inscrit sur un des décanteurs : « Tobacco Oud » . Sentant d’urgence la chose je me retrouvais perplexe, en désaccord avec moi-même : « j’aime, mais la puissance dégagée me gène » . Puis, hypnotisé par mes références de prédilection, j’oubliais. Et puis franchement à 190€ on reste prudent !

 

Tobacco-Oud-Échantillons

 

C’est à force d’accumuler les échantillons que j’ai fini par me remplir une petite bouteille et finalement découvrir le spécimen dans un tout autre contexte. Plus Tobacco que Oud ce chapitre lourd de l’industrie Tom Ford m’a finalement conquis. Son attaque puissante au Tabac/Whisky me plait réellement ! Il ne ment pas, ne trompe pas, il est lui même tout en accompagnant son reste de bois d’Agar et de Patchouli. Sa puissance n’a que peu d’égal. Les effluves d’épices (sentirais-je un brin de Girofle ?) et de Santal enfument parfaitement le tabac et laisse sur la peau son sceau, cette marque qui ne vous quittera pas jusqu’au soir, à coup sûr.

 

Plus masculin tu meurs bien sûr et c’est surtout à porter avec modération, méfiez-vous donc des conséquences de vos élans de générosité « pulvérisatrice » . Tout le monde ne supportera pas.
Wish List…

Wish List…

Mon top actuel ne peut pas vraiment être numéroté. D’abord je pense qu’un parfum ne peut pas être classé réellement, encore moins les travaux titanesques des parfumeurs qui sont derrière ces œuvres d’art. Même si mes préférences se dissimulent dans l’ordre de ce jet de noms, j’affirme mon impuissance concrète à pouvoir établir un ordre stable. La règle étant simple et immuable : les sentiments et sensations sont volatils et changent à chaque seconde selon leur contexte et histoire. Il est des parfums qu’on aime pour l’incroyable jeu de notes et le travail qui les ont fait naître et il y a ces fragrances simplistes qui frappent nos cœurs et nos émotions sans complexe. Je me rend. (suite…)