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Plum Japonais – Tom Ford

Plum Japonais – Tom Ford

Après un an et demi de séparation, je retrouve mon flacon de Plum Japonais de Tom Ford. Avec mes quelques progrès olfactifs je l’apprécie bien plus aujourd’hui. C’est un parfum lourd, à la texture complexe qui m’intrigue.  

Son départ sur une note de prune encadrée de quelques fleures mystérieuses donne le ton. Une fragrance sombre comme je les aime, une création, malgré son apparat fruité, obscure. 

Tout s’enfume très vite sur une note de sapin qui persistera jusqu’au bout, accouplée à un Bois d’Aggar. 


Plum Japonais me touche et démarre désormais une vraie histoire d’amour entre nous. Je me vois déjà le porter sous la pluie ou dans un hiver au froid dont l’intensité évoque une odeur de brûlé. Je suis sûr de ne jamais le sentir dans la rue et cette idée me plait énormément. 

M7 Oud Absolu – Yves Saint Laurent

M7 Oud Absolu – Yves Saint Laurent

M7, pour un novice de ma trempe, est la preuve qu’il faut revenir à certains parfums de temps en temps. À force de progression nos jugements peuvent changer. 

M7 Oud Absolu, que je détestais sincèrement il y a un an et demi, m’est beaucoup plus agréable à ce jour. Il faut dire qu’il y a peu je ne supportais pas le Patchouli et qu’après l’arrivée de Monsieur. de Frédéric Malle j’aime beaucoup ! Je m’envoie des « nasales » de Patchouli de Reminiscence et autre Patchouli Absolu de Tom Ford. 


Ici je trouve d’entrée la mandarine suivi de prêt par un Patchouli qui se développera lentement, comme toujours, des heures durant. La composition n’a rien de bien sorcier, peu de notes apparentes (pour un novice, je le rappelle) le tout soutenant ce duo d’attaque. Le fameux Oud n’est finalement qu’une brindille. Les occidentaux aimant le bois en tant que note discrète, il n’a d’absolu que le nom. Je ne cesserai de renvoyer, pour servir de baromètre, à The Night de Frédéric Malle, pour comprendre ce qu’est un « vrai » Oud. 

Le parfum est doux, agréable et me surprend donc par sa complaisance et son accessibilité, ce qui d’ailleurs correspond en tous points aux créations récentes d’Yves Saint Laurent, sans guère de prise de risque. Après ainsi une longue période d’appréhension je le porterai bien volontier. 

Mon numéro 10 – L’Artisan Parfumeur

Mon numéro 10 – L’Artisan Parfumeur

Ce petit échantillon de l’Artisan Parfumeur qui m’est parvenu s’est vu m’enchanter aujourd’hui. Il représente tout à fait le type de fragrance que je qualifie de « commerciale » qui me plait. Même si celle-ci est très différente dans sa construction, son thème général n’est pas sans me rappeler le 34 boulevard Saint Germain de Diptyque. 

Douceur et raffinement, épicé de poivre et enfumé d’un léger encens. Lorsqu’on est diabétique comme moi on a tendance à être attiré par les belles sucreries et cette ambiance de pommes cuites qui nous est si chère. Donc, forcement, ce couple Cannelle / Pistache, les fonds de Tonka, me touchent droit au cœur. 

Ça serait bien sûr très réducteur de réduire Mon numéro 10 à un simple parfum gourmand. La rose rafraîchi le tout et l’encens persiste en embrassant la note poivrée. Le fond est boisé, profond, chaud. 

Je signe. 

À ceux qui n’aiment pas et trouvent cette signature trop « crossover », je vous comprend. Mais moi j’aime (beaucoup) et je trouve ça beau malgré tout. 

Oud Royal – Armani / Privé

Oud Royal – Armani / Privé

L’une des premières collection privée à m’avoir été présentée en dehors de Tom Ford Private Blend fut Armani Privé. Je rêvais devant les magnifiques bouteilles et surtout superbes bouchons qui la rende esthétiquement si singulière. 
Au final, sur la durée, rien ne m’a réellement emballé. Bien que j’ai pu porter un temps Rose d’Arabie et Bois d’Encens, je n’ai pu aimer que les noms de certaines fragrances sans en apprécier les jus. Tels Pierre de Lune, Myrrhe Impériale ou Cuir Améthyste. Ceci dit, je ne juge pas ici la qualité de cette belle collection, ce qui serait d’ailleurs bien présomptueux de ma part. Ça n’est juste pas mon type de parfum. 
Dans mon voyage je découvre que mon fils porte Oud Royal, parfum bien aimé d’un ami qui m’est cher. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a offert, avec un certain M7 d’Yves Saint Laurent. L’occasion pour moi de le tester sur peau, le temps d’un après-midi. 

La tête ultra boisée donne le ton. On sent le Oud riche même s’il est bien loin des vrais Ouds d’orient tel que pourrait l’être The Night de Frédéric Malle. 
Ce qui me dérange dans ce parfum c’est son côté épicé. Cet ensemble d’encens mêlé de safran me gène. J’aime pourtant les encens, j’aime pourtant le safran. C’est avec un équilibre parfaitement établi que le tout perdurera sans en changer. Cette recette ne prend pas chez moi. 
Je ne déteste pas du tout bien sûr. Je respecte même. Mais je le laisse aux autres.  

Alien, dix ans de mystère

Alien, dix ans de mystère

Alien est mon parfum n°3 sur la frise chronologique de mon existence. Après avoir été emporté par XS de Paco Rabanne et Angel de Thierry Mugler (en ne comptant pas les fragrances de mon enfance), mon cœur s’est effondré le jour où j’ai senti cet opus pour la première fois.

 

Aficionado de la Maison Mugler par la cause d’Angel, dont je ne me passais plus, je n’oublierai pas le jour de cette rencontre du 3ème type. Cet extra-terrestre ne devait d’ailleurs pas être très loin de son astronef puisque c’est à l’aéroport que je nous nous sommes croisés. À l’occasion de sa sortie officielle les magasins de duty free avaient déployé les moyens les plus convaincant pour nous attirer. Efforts couronnés de succès, j’ai succombé.

 

Conquis d’avance, en proie facile, je me précipitais donc pour vaporiser un petit testeur. C’est féminin, et alors ? Alien allait à ce moment devenir mon parfum pour de longues années.

 

Il y a des fragrances qui portent si bien leur nom ! L’objet est mystérieux, le concept parfaitement maitrisé, du packaging à la police d’écriture. Quant à ce qu’il renferme… une réalisation qui nous fait comprendre à quel point il est important de reconnaitre la parfumerie comme un Art à part entière !

 

Donc rendons à Dominique Ropion et Laurent Bruyère ce qu’on leur doit d’hommage pour ce travail superbe, cette œuvre unique. La douceur du résultat en ajoute au mystère.

 

Alien est le seul parfum (à ma connaissance) qui m’a fait aimé le jasmin. Certes ça n’est pas n’importe quel jasmin j’en conviens. L’attaque de ce Jasmin Indien est forte et immédiate mais sa douceur essentielle apaise toute gène. L’évolution est juste parfaite, les notes musquées de bois de Cachemire (devrais-je dire Cashmeran) viennent porter parfaitement toute la grandeur florale de cette essence. Alien n’a rien de complexe, la formule est simple et tout est d’une pureté renversante, rien de frotte, pas de poudreux ou de facettes inutiles.

 

Le fond ambré accompagne notre peau suivant sa nature, donnant chaleur à la recette et caractère au final.

 

Il m’aura fallu attendre huit ans pour subir un nouveau choc olfactif de cette ampleur, assis dans une Toyota à Bamako lorsque j’ai découvert Noir de Noir de Tom Ford. Alien n’est pas qu’un extra-terrestre c’est une légende.